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Hommage à Charles PIRE
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en attendant, voici un des éloges funèbres prononcé à ses funérailles le 17/01/2012: "Vous
m’excuserez si je dois m’interrompre : faire l’éloge funèbre
d’un proche est un exercice difficile et ce qui sera encore plus
difficile, voire impossible c’est d’évoquer tant de moments agréables
passés en sa compagnies en 5 minutes Cher
Charles, ou plutôt comme tu avais l’habitude de dire : très
cher.. Tu
es parti sans dire au revoir….ce n’était pas dans tes
habitudes…nos parents t’avaient
pourtant bien élevé, je pense ! Il y a encore tant de choses que
nous aurions aimé te dire ou t’entendre dire…anecdotes picaresques
ou formules à l’emporte pièce.. Bien
élevé, tu l’as été : très jeune, tu as été initié aux
choses de Dieu, dans une famille assidument chrétienne. Tu servais régulièrement
la messe au Carmel. dès
la 5 e primaire, tu as été pensionnaire du Collège Cardinal Mercier
de Braine l’Alleud, un établissement pour fils de famille dont tu es
sorti avec une éducation on ne peut plus classique : latin, grec,
amour des livres, confort anglais. C’était chouette : cela nous
valait d’avoir des crêpes tous les dimanche soir avant ton retour au
collège. Tu
es ensuite rentré en première année
en même temps que moi, mais toi c’était à l’Université de
Liège dont tu es sorti quelques années plus tard, juste à temps pour
avoir droit au titre de docteur en droit. Pendant
tout ce temps, tu as été membre, dirigeant puis enfin président du
patro du sacré Cœur de Mont sur Marchienne. Président dynamique
jamais à court d’idée, attaché au décorum et aux traditions, n’hésitant
pas à les créer si nécessaire… Nous garderons un souvenir impérissable
de tes rassemblements, de tes harangues, du tableau d’honneur, des
destructions solennelles de paquets de cigarettes et bien sûr du 10 e
anniversaire où tu ne nous a rien épargné : grand messe en
uniformes impeccables, vin
d’honneur, bal avec
orchestre, carnet de bal, quadrille des lanciers. Les
lanciers, tu les a rejoint quelques années plus tard en tant
qu’officier de réserve. Officier, c’était bien toi : tu
aimais les choses simples et claires : c’était beaucoup plus
simple que tu sois le chef. Fidèle aux traditions, tu t’es fait
tailler un uniforme bleu de gala et c’est dans cet uniforme
que quelques mois après ta démobilisation que tu as épousé
Bernadette, salué par 6 officiers, sabre au clair,
à la sortie de l’église. En
fait, tu ne t’es jamais senti démobilisé : commandant de réserve :
tu as refusé de démissionner des cadres, tant ta passion pour la chose
militaire était vive. Et toute ta vie a été une suite de combats que
tu as mené avec panache et enthousiasme, de préférence à la tête
d’une équipe. Luther
dit au début de son plus célèbre cantique : « C’est un
rempart que notre Dieu », je dirais plutôt que c’était le
contraire « C’est un rempart que notre Charles » :
tout comme les hommes, je dirais que Dieu pouvait compter sur toi. Ta
vie de chrétien était sur ce registre, ardente, baignée de tradition
et de décorum. Ardent défenseur
de la foi mais grand pourfendeur de Vatican II , tu étais bien
convaincu, comme Brassens, que « sans le latin, la messe nous
emmerde ! », rien ne te réjouissait plus qu’une église
bondée un jour de cérémonie. Chers
frères et sœurs, chers amis de Charles, c’est le départ d’un chrétien
de choc que nous célébrons aujourd’hui, un homme généreux et fidèle,
fidèle à ses amis, ses parents, sa foi, ses convictions et aussi ses
habitudes, un grand frère sur qui on pouvait compter devant
l’adversité, tout autant que pour les occasion de réjouissances.
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